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Lorsqu’un projet est démarré… non officiellement

💫Lorsqu’un projet est démarré… non officiellement💫

En gestion de projets, il existe une situation aussi fréquente que délicate : le projet qui démarre sans feu vert officiel. Pas de charte signée, pas de budget confirmé, parfois même pas de sponsor clairement identifié… et pourtant, le travail commence.

Cette pratique, souvent banalisée, mérite qu’on s’y attarde.

🔷Pourquoi certains projets démarrent-ils de façon non officielle ?

Les raisons sont multiples, et rarement mal intentionnées :

   ➡️Pression d’affaires ou d’urgence perçue

   ➡️Volonté de “prendre de l’avance” avant l’approbation formelle

   ➡️Processus décisionnels longs ou flous, qui incitent à contourner la gouvernance

   ➡️Projets dits “mineurs” que l’on juge ne nécessitant pas tout l’arsenal de gestion

   ➡️Engagement verbal d’un dirigeant, interprété comme un go implicite

Sur le papier, cela peut sembler pragmatique. Dans la réalité, les risques sont bien réels

🔷Les risques et enjeux d’un projet démarré non officiellement

   ➡️Flou sur les objectifs et la portée
Sans cadrage formel, chacun projette sa propre vision du projet. Résultat : dérive de portée presque assurée.

   ➡️Absence de responsabilité claire
Qui est le sponsor ? Qui tranche ? Qui assume les décisions difficiles ?
En cas de problème, le projet se retrouve souvent… orphelin.

   ➡️Risque financier et de ressources
Des heures sont consommées sans budget validé. Lorsque le projet est enfin officialisé (ou annulé), la facture peut surprendre.

   ➡️Manque de légitimité du gestionnaire de projet
Sans mandat clair, le gestionnaire de projet a peu de levier pour prioriser, arbitrer ou dire non.

   ➡️Difficulté à arrêter le projet
Plus on avance sans cadre, plus il devient politiquement délicat de remettre le projet en question.

Un gestionnaire de projet devrait-il accepter ce genre de situation ?

〰️La réponse courte : idéalement non.
〰️La réponse réaliste : parfois, il n’a pas le choix.

Ce qui est critique, ce n’est pas tant d’accepter ou non, mais comment le faire.

🔷Si vous êtes obligé d’y aller : éléments à vérifier absolument

   ➡️Identifier un sponsor réel, même si ce n’est pas encore officiel

   ➡️Clarifier minimalement les objectifs et le périmètre, par écrit (même informel)

   ➡️Documenter les hypothèses et limites : budget non confirmé, ressources temporaires, décisions réversibles

   ➡️Tracer les décisions et les demandes, pour éviter les reconstructions a posteriori

   ➡️Évaluer les risques dès le départ, surtout ceux liés à l’arrêt brutal du projet

🔷Les erreurs à ne pas commettre

➡️Agir comme si le projet était officiellement approuvé

➡️Engager des ressources clés sans alignement de leur gestionnaire

➡️Promettre des échéanciers fermes

➡️Reporter indéfiniment la formalisation sous prétexte que « ça avance bien »

➡️Croire que la situation se régularisera d’elle-même

🔷En conclusion

Un projet démarré non officiellement peut sembler anodin… jusqu’au jour où il ne l’est plus.
Le rôle du gestionnaire de projet n’est pas seulement de faire avancer les choses, mais aussi de protéger l’organisation — et le projet — contre les angles morts.

Parfois, le vrai professionnalisme consiste à ralentir légèrement le démarrage pour éviter un dérapage majeur plus tard.

👉 Et vous, avez-vous déjà hérité ou lancé un projet sans approbation officielle ? Comment avez-vous géré la situation ?

 

 

 

 

 

Auteur de l’article : Daniel Roy

Gestionnaire de projets – PMP, SAFe 6 SPC, SA, PMO-CP, CAPM, PSM

Profil LinkedIn : https://www.linkedin.com/in/danielroymeldan/